Dans la course à la réduction des temps de développement, l’industrie manufacturière s’est largement dotée durant les 15 dernières années d’outils dits de prototypage virtuel de produits. Malgré plusieurs verrous encore existants dans la chaîne numérique complète de développement, les effets du « tout numérique » ont déjà eu un impact sur le temps de mise sur le marché (time to market) de nouveaux produits et ce dans plusieurs domaines : automobile (réduction continue des cycles de développement de nouveaux véhicules), aéronautique, naval, ferroviaire etc.

 

La maquette numérique, à travers la mise à disposition des outils PLM  et XAO, est donc devenue l’objet central de la collaboration (lors des revues de projet) et la donnée d’entrée incontournable pour de nombreuses analyses : industrialisation, analyses comportementales, maintenance, désassemblage, etc.

 

Un des problèmes est donc aujourd’hui de pouvoir disposer de cette maquette numérique, à travers les organisations industrielles, les métiers, et aussi à travers le temps, car elle reste indispensable au-delà de la phase de développement du produit pour, par exemple, définir, modifier ou améliorer les gammes de fabrication, d’assemblage, de maintenance, etc.

 

En effet, il est, d’une part, certain qu’un produit à grande durée de vie (moteur, automobile, train, avion, navire, centrale nucléaire, plateforme pétrolière) subisse des modifications (déformation, vieillissement du matériau, dérive et adaptation des procédés de fabrication, évolution des composants ou structure suite à une maintenance etc.) qui l’éloignent progressivement des données nominales de la maquette numérique originelle. D’autre part, il est fréquent que dans le cadre d’analyse et de reconception de produits existants, il soit difficile d’accéder simplement et rapidement à l’ensemble des informations pertinentes caractérisant le produit suivant le point de vue nécessaire (qui peut-être un point de vue différent de celui développé durant la conception initiale). Il est donc dans ces deux cas important de s’appuyer sur les sources d’informations hétérogènes qui existent, évoluent ou se construisent au fil du temps pour créer et faire évoluer la maquette numérique qui sera alors que plus pertinente dans son utilisation pour fournir aux bons métiers les bonnes informations mises à jour au bon moment.

 

Les industries qui font face à ce problème ne disposent, à l’heure actuelle, d’aucun outil de rétro-conception à l’échelle de ces produits complexes qui leur permettrait d’obtenir cette nouvelle maquette numérique. De plus, les données qui leur permettraient de l’obtenir sont particulièrement hétérogènes. Elles peuvent être géométriques sous la forme de nuage de points issus de numérisation tridimensionnelle, de photographies, de croquis, de plan 2D etc. mais aussi non géométriques sous la forme de rapports de travaux, de liens vers des catalogues d’équipementiers, de lois de comportement, de connaissances métier etc. Elles peuvent même, dans certains cas, prendre la forme d’une ancienne maquette numérique.

 

Le projet METIS se propose de créer ces méthodes modèles et outils afin de les implémenter dans un environnement informatique

Ces résultats seront à la base de nouvelles fonctions novatrices au sein des outils supports au processus de développement de produits des entreprises de demain.

 
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